Vacances = décrocher, oui mais… (3/4)

La raison du pourquoi de cet accueil militaire était en lien direct avec les fameuses festivités de Pâques en RD. Ma bsf en profita pour réitérer son avertissement.

-Je vous le dis, les dominicains fêtent fort!

Mais on était rendus. Pas question de virer de bord. Vrai! La foule était plus compacte qu’à son habituel. Vrai! Les soldats se multipliaient par groupe de 3 avec toujours ou presque le même attirail de dissuasion. Vrai! On remarquait que le regard de bien des locaux était… disons… givré par le rhum et dieu sait quoi d’autre. Vrai! Plus que jamais, caucasiens que nous sommes, nous nous retrouvions en minorité dans cette marée humaine aux effluves de sueur et de parfum cheap.

On continua notre lente marche tout en contournant des petits groupes d’individus arrêtés pour fumer, boire ou simplement jaser. On jetait un oeil distrait aux nombreux étals vendant tous à peu près la même chose: paréos, robes d’étés, chapeaux, casquettes et autres peintures de femmes aux seins nus et au postérieur… pittoresque! Car le postérieur… ! Il occupe TOUTE la place chez ces latins! Le plus bombé et charnu soit-il, on en célébrait le galbe en l’affichant dans toute sa splendeur! Et, comme à chaque voyage, la même remarque me traversa l’esprit: au moins, les formes sont à l’honneur ici!

Au bout d’un moment, on s’arrêta pour se faire une tête.

-Voulez-vous toujours vous baigner? nous demanda Gringo

D’aussi loin qu’on pouvait voir, c’était bondé de monde dans l’eau comme à l’extérieur de ces flots si attirants.

-Euh… plus si sûr, que je répondis

Gringo afficha une mine de satisfaction. ‘On vous avait averti!’ se lisait sur son visage.

-Et si on s’installait chez Cathy et Rémi! demanda Lulu

-Quelle bonne idée!  que je renchéris

On revint donc sur nos pas, direction du petit kiosque aux murs blancs, sur lesquels se retrouvent des écriteaux du genre : Viagra du Québec à vendre à l’unité et la meilleure Poutine du Québec! Pour des expatriés Suisses, ils savaient que la clientèle de l’hémisphère nord foulait le sable chaud de la RD en grand nombre. Toujours aussi accueillants, on s’attabla et un couple d’amis à nos hôtes vint nous rejoindre. On commanda des drinks rafraîchissants par cette chaleur: tequila sunrise et margarita! Olé! Bon… on avait quand même prévu le coup en demandant à Cathy de nous apporter des bouteilles d’eau bien froides.

Soudainement, un attroupement et des cris vinrent interrompre notre conversation. Pour une raison que j’ignore, je me suis levée et j’ai tenté de m’approcher du tintamarre mais ma Cathy me criait de revenir, de ne pas m’approcher surtout, que c’était dangereux, que je n’avais pas d’affaire là! J’ai donc rejoint notre table en la dévisageant d’un air interrogatif.  Elle commença à m’expliquer que les forces de l’ordre en RD ne sont pas regardantes quand vient le temps de distribuer des coups. Ils ne feront pas la différence entre une touriste un peu trop curieuse et les belligérants qu’ils tentent de séparer et de calmer.

Pendant ce temps, un brancard et du personnel médical se rendait là ou tout avait éclaté. J’ignore pourquoi mais j’avais une envie irrésistible d’y aller avec eux mais la désapprobation générale me refroidit. J’ai pris mon trou et observa la scène de loin.

-Ah tiens! Y a personne de couché sur le brancard, que j’ai lancé lorsqu’on revit la civière revenant bredouille

Suivait derrière une cohorte de dominicains tapageurs, gesticulant et gueulant à qui mieux-mieux.  Au-devant, se trouvait 2 jeunes dominicaines qui se crachait des mots d’amour … euh non… surtout pas… mais qui plutôt se blâmaient l’une l’autre pour la bouteille lancée au visage de leur amie. Celle-ci apparut, la face ensanglantée et comme elle avait une peau chocolatée, la plaie ouverte laissait apparaître des tissus de chair rosé. L’accompagnait, 3 soldats, leur arme au poing, prêt à parer toute éventuelle attaque.

-En tout cas, je voudrais pas vous dire quoi faire, mais je pense pas que vous devriez venir demain.

-Pourquoi? que j’ai demandé naïvement (décidément, j’étais vraiment en vacances et mon coco flottait sur un nuage de bonheur)

-Parce que ce sera pire demain. Ce sera le jour de Pâques et tout est fermé.

-Ouais, poursuivit Gringo. Ils vont tous se ramasser à la plage!

Lulu et moi, on se regarda sans rien dire. Bon… ça l’air qu’on allait faire de la piscine chez le beauf’ demain.

-On vous avait prévenu: les dominicains revirent fous à Pâques! conclut ma bsf dans un large sourireLily So signature

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