Lancement de mon blog

IMG_2500Depuis plusieurs mois, je voyais mon Lulu s’épancher sur sa passion pour le paintball style MILSIM (pour simulation militaire). Quand je le voyais s’enthousiasmer, le regard pétillant, me racontant ses journées dans le moindre détail, j’en ressentais une joie profonde, comme si c’était moi qui s’y adonnait. Et pourtant… avec le temps, la même sempiternelle question se pointait dans mon esprit: « Et moi? En avais-je une passion? »   Euh… Sais plus trop…

Depuis des années, j’ai partagé mon temps entre la famille et le travail ; ça ne laisse pas grand place pour s’éclater. Mais mon conjoint, lui, considérait que la vie, SA vie, valait plus que les tracas du quotidien. Mon opinion était que je m’éclatais suffisamment dans mon boulot – auquel je pouvais sacrifier de nombreuses heures chaque jour – pour qu’une fois tout le jus pressé, le peu d’énergie restant, je l’épuise devant la télé. Alors, il arrivait que lui parte de son côté tandis que je restais bien sagement à la maison pour décompresser, répétais-je inlassablement. Il n’y comprenait rien.

Lors de nos vacances en République Dominicaine en mars 2016, confortablement installée sur mon transat, autour de la piscine creusée me souriant sous un soleil de plomb, mon esprit devint indolent comme le thème musical de « Benoit à la plage » * peut l’être. Des mots commencèrent à traverser mon esprit et à s’ordonner en courtes phrases, chacune évoquant un début d’histoire à raconter. Ce que j’aurais voulu les capturer et les rapporter dans ma valise mais bon… ces phrases s’en retournaient presque aussi vite qu’elles apparaissaient.

J’écoutais d’une oreille distraite la conversation entre mon Lulu et sa soeur jumelle Tatie. Elle faisait remarquer à son frérot que le temps ne lui avait rien fait perdre de son intensité. « Mon Lulu!? Plat et terne?! », m’étonnais-je, « Non! Niet! Nein! No! » La vie coule à flots dans ses veines et ce qui sortait de sa bouche était en harmonie avec là où ses pieds allaient. Comme disent si pertinemment les anglais: « He walked the talk ».

Sans trop m’en rendre compte, mon esprit me ramena à ce niveau d’indolence duquel, plus tôt, j’avais vu une nuée de mots embrouiller ma vue. Ce désir adolescent d’écrire que je croyais m’avoir quitté était de retour, et ça, parce que mon esprit, cherchant toujours le prochain projet et n’en trouvant pas pour s’affairer, avait laissé le champs libre à tous ces mots bousculant son portail, le forçant tant et si bien qu’ils parvinrent à s’élancer dans l’air en une chorégraphie rythmée. Et ce petit miracle, je le devais à l’insouciance m’ayant conquise dès mon arrivée à la Villa de Tatie et Gringo, son point « G »!

Elle avait toujours été là ma passion : écrire! Raconter des histoires!

À quelques reprises par le passé, je m’étais remise à l’écriture et à la lecture mais je ne tenais jamais la route bien longtemps. Je devais vaquer à l’une ou l’autre obligation créée de toute pièce par mon esprit, réglé au quart de tour quand venait le moment d’être responsable et imputable de chaque geste ou action posé. Comme l’acte d’écrire ou de lire présuppose un lâcher prise pour s’immerger dans un univers duquel le temps cartésien n’a plus place, mon esprit se retrouvait en dehors de sa zone de confort et ça, il ne le supportait guère longtemps. Si seulement il y avait eu au bout de ce « trou noir » un retour sur investissement pour tout ce temps passé à farnienter, passe encore. Mais non! C’était une perte sèche pour mon esprit! Alors, il fallait vite retourner sur le plancher des vaches où la vraie vie se passe.

C’est ainsi que j’étouffais ma passion pour les mots et leur agencement dans un  ordre qui leur donne du sens.

De retour à leur maison au pied d’un lac (quelque part entre 2 provinces), après avoir passé l’hiver au chaud, Gringo et Tatie avaient visé juste quand leur vint l’idée de baptiser leur nouvelle véranda « La cage à Linda ».** Car c’est vrai que je m’étais terrée dans un mutisme créatif toutes ces années. Eux voulaient simplement me taquiner pour le buffet que je représentais pour les moustiques du coin. Enfin! Je pourrais profiter de l’été à l’extérieur car un moustiquaire me séparait de ces nano-vampires créés spécialement pour me faire rager.

Mais si cette fois, c’était la bonne? Si cette fois, les 2 romans languissant dans mon ordi  depuis des lustres reprenaient espoir qu’un jour ils puissent eux aussi s’élancer dans l’air dans une danse qui leur est propre? Si cette fois, je pouvais communiquer, m’inspirer et échanger directement avec le monde autour de moi, leur dire à quel point écrire est viscéral au lieu de ressentir un malaise angoissant? C’est à cet instant que le blog s’imposa et qu’est né « Jouer avec les mots »!  Et, pour une fois, mon esprit s’est apaisé pour écouter cette passion qu’il s’était acharné à mater, en vain, toutes ces années, et lui a permis de s’exprimer librement. Mon regard redevint pétillant, de la place j’en trouvais dans mon quotidien et moi aussi, ce qui sortait de ma bouche était en harmonie avec là où mes pieds vont.

Mon Lulu avait raison. La vie, MA vie vaut bien plus que les tracas du quotidien!

Au plaisir de vous y retrouver et d’échanger avec vous! Lily So signature

*Canal Évasion

**Mon prénom dans la vraie vie, comme dirait mon esprit

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s